Je tiens à remercier tout particulièrement Françoise Gadot (psychologue et formatrice en formation de formateur, à Paris ) et Karine Poret (psychologue et Hypnothérapeute au Havre, pratiquant aussi l’EMDR et l’EFT,), pour leurs bienveillantes relectures et leurs remarques pertinentes.

Dès le début de ma formation comme hypnothérapeute et pendant les quelques mois qui ont suivi mon installation, plusieurs questions “existentielles” se sont posées :

  1. Pourquoi certaines personnes qui viennent consulter vont parfois si mal?
  2. Pourquoi les personnes se suicident ou fument alors que l’on nous enseigne que l’intention de l’inconscient est positive, qu’il nous protège, bref qu’il est tout puissant?
  3. Est-ce que l’inconscient sait vraiment faire ce qu’on lui demande?
  4. Pourquoi cela a été si facile de me débarrasser de mes allergies respiratoires et alimentaires en deux séances et pourquoi plusieurs séances ultérieures avec 4 hypnothérapeutes expérimentés différents n’ont jamais résolu l’eczéma que j’avais (et que je n’ai plus depuis que je m’en suis débarrassé moi-même)?
  5. Comment être sûr que les suggestions ou que le changement demandé résolve le problème? Que fait-on quand cela ne marche pas? Que faut-il changer dans ce que l’on a fait?
  6. Est-ce que tout ce que l’on m’a enseigné est réellement vrai? Testé? Validé? Efficace ? (je n’ai pas oublié ma formation scientifique initiale)
  7. Qu’est ce qui fait qu’en « état de transe » les personnes sont bien plus capables de se changer que lorsqu’elles sont dans un état « normal »?
  8. Pourquoi certaines personnes vont mettre peu de séances à résoudre leurs problèmes, alors que d’autres vont mettre bien plus longtemps ou ne vont pas s’en sortir ? Qu’est-ce que la résistance finalement? Doit-on la garder, s’en servir, la défaire ?

Pour trouver des réponses à toutes ces questions, j’ai eu besoin de temps, de lectures, d’observations et de réflexions. Je vais essayer de vous faire partager leurs fruits.

Pourquoi certaines personnes qui viennent consulter vont parfois si mal? Quelle est la raison d’être des symptômes ?

Cette première question est apparue dès la moitié de ma formation. Complètement novice en psychologie, une chose m’avait rapidement frappé, c’était l’impact de la technique de la ligne de temps sur la personne (une représentation mentale symbolique de son histoire, de son vécu avec une orientation spatiale entre soi-présent, le passé et le futur, que l’on peut retravailler). De fortes émotions négatives pouvaient surgir parfois, pour s’apaiser et entraîner un mieux-être, un soulagement et ensuite une amélioration variable des problématiques pouvant aller jusqu’à leur résolution complète. Ce qu’il était aussi frappant de constater, c’est qu’il arrivait que les personnes fassent un lien direct entre certains éléments de la ligne de temps et certains de leurs souvenirs, encore chargés d’émotions (exemple : travail sur « un gros rocher noir derrière » qui s’est avéré être lié au décès d’un enfant).

Alors pourquoi ces personnes gardaient-elles tous ces affects (émotions) négatifs? La réponse la plus simple et la plus évidente que j’ai pu trouver, c’était : “parce qu’elles ne savaient pas comment faire pour les évacuer”.

Quant aux symptômes, en se basant sur cette corrélation observée,  on pouvait alors les considérer comme une conséquence des affects négatifs, même s’ils sont également causes d’affects négatifs à leur tour. Des causes donnent naissances à des conséquences qui deviennent des causes supplémentaires à leur tour, un effet boule de neige…

Et comme les personnes ne sont pas conscientes des conséquences de ces émotions sur leur bien-être, leur confiance en eux et sur l’établissement de symptômes, ils ne voient pas de raisons pour les réduire.

Comment être sûr de cela? Tout simplement en le testant encore et encore et encore. Effectivement, dès les débuts de ma pratique, j’ai commencé systématiquement par faire l’inventaire des évènements encore marquants pour aider les personnes à s’en détacher (ligne de temps, régression, métaphore sur les blessures qui guérissent…).

J’en suis devenu certain quand j’ai comparé deux personnes ayant eu une histoire difficile, comparable, une grande partie de leur vie, l’une allant très mal, l’autre allant plutôt bien. L’une ressentait énormément d’affects négatifs liés à son vécu, l’autre ne ressentait plus que de l’indifférence. Ils avaient également en conséquence de quoi, des caractères assez différents (le premier était anxieux et le second positif).

Par ailleurs, lorsqu’on torture ou harcèle une personne, qu’on lui fait suffisamment mal, pendant suffisamment longtemps, son esprit finira automatiquement par « craquer » et qu’auparavant il y aura des signes avant-coureurs, des symptômes. Même si la personne était solide, sereine et optimiste auparavant.

On peut alors poser l’hypothèse que ce n’est pas le passé de la personne qui cause ses problèmes mais plutôt ce qu’elle en ressent, ce qu’elle en perçoit. Et bien sûr, c’est aussi certaines de ses façons de penser qui en découlent.

On peut alors considérer que l’état émotionnel de la personne serait la somme de toutes les émotions qu’elle ressent encore par rapport à son vécu, sur toute sa vie, en interaction avec le contexte présent. De cela, on peut déduire qu’en dépit d’un contexte positif, une personne peut se sentir émotionnellement mal si la somme est globalement négative (concept mathématique d’intégration)…

Au final, je considère la personne dans sa globalité : elle ne se sent pas assez bien parce qu’elle peut être anxieuse de nature, stressée de nature, avec des mauvais souvenirs, des périodes difficiles, des deuils non finis, des traumatismes. Il y a aussi que souvent, elle se culpabilise, se dévalorise, partage les problèmes des autres en étant trop empathique. Souvent aussi elle a du mal à dire non, elle n’est pas assez en phase avec ses désirs, ses besoins…

 

 

Pourquoi les personnes se suicident ou fument alors que l’on nous enseigne que l’intention de l’inconscient est toujourspositive, qu’il nous protège, bref qu’il est tout puissant?

En se basant sur la précédente hypothèse, qui semble validée par des observations, on peut alors penser qu’au final, l’inconscient fait ce qu’il peut pour aller mieux, mais que cela n’est pas toujours suffisant et surtout qu’il ne sait pas comment mieux faire.

Après tout, si l’inconscient des personnes avait toujours un « mode d’emploi » pour aller mieux ou pour résoudre leurs problèmes, on peut supposer qu’il l’aurait déjà utilisé. On a coutume de dire que l’inconscient a toutes les ressources nécessaires, je dirais plutôt qu’il a les outils mais qu’il ne sait pas comment les utiliser…

Qui plus est, un mode d’emploi existant, mais non utilisé, serait en flagrante contradiction avec le présupposé que l’inconscient a toujours une intention positive, surtout quand il n’y a aucun bénéfice secondaire.

Certains fumeurs vont bien, ont confiance en eux, ne sont ni stressés, ni anxieux et désirent arrêter de fumer. Pour certains d’entre eux, rien de positif ne peut être dit ou ressenti à propos de la cigarette (pas de plaisir, pas de détente, pas de convivialité…). Alors comment expliquer qu’ils n’arrivent pas à arrêter ? Si ce n’est tout simplement parce qu’ils ne savent pas ce qu’il faut changer en eux pour réussir à arrêter. Ils ont un fonctionnement automatique, qu’ils qualifient aussi d’ancré, qui fait partie d’eux, qu’ils n’arrivent pas à oublier.

D’ailleurs, plus généralement, si on considère la statistique officielle pour l’arrêt du tabac durable, sans aide, il s’avère que le taux de réussite est de 5 à 10% au bout d’un an (voir wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Arr%C3%AAt_du_tabagisme ).

Que font les personnes pour arrêter ?

èBeaucoup d’efforts.

Que peut-on en conclure ?

èQue la méthode « faire des efforts » donne un taux d’échec d’environ 95%.

èQue les personnes ne savent pas ce qu’il faut changer en eux pour arriver à arrêter.

Que peut-on en en conclure plus généralement ?

èQue les personnes ne savent pas ce qu’il faut faire pour changer et que fort probablement, fumer, est assimilable à un ensemble de traits de caractère qui se construisent au fur et à mesure que le temps passe.

Est-ce que l’inconscient sait vraiment faire ce qu’on lui demande ?

Réponse : Ca dépend de ce qu’on lui demande de faire ! Soit on travaille étape par étape, en lui expliquant ce qu’il faut pour aller mieux en l’aidant à se détacher de toutes les émotions négatives accumulées, et ça marche de façon reproductible. Soit on lui demande « fais-ce qu’il faut pour aller mieux », ce qui est juste de l’autopersuasion, qui ne donne aucun résultat durable et conduit à ce que les personnes se désespèrent davantage.

Pourquoi cela a été si facile de me débarrasser de mes allergies respiratoires et alimentaires en deux séances et pourquoi plusieurs séances ultérieures avec 4 hypnothérapeutes expérimentés différents n’ont jamais résolu l’eczéma que j’avais (et que je n’ai plus depuis que je m’en suis débarrassé moi-même)?

Dès lors, on peut facilement expliquer pourquoi : les causes précises, actives, n’ont tout simplement pas été travaillées dans le cas de l’eczéma alors que pour les allergies alimentaires, le thérapeute avait suivi une technique étape par étape, détaillée et complète, permettant de faire disparaitre les allergies et que, qui plus est, il n’y avait rien d’émotionnel pour moi dans ces allergies, contrairement à l’eczéma …

Tout cela renvoie à une lecture très intéressante sur le thème du changement : “Changements” de P. Watzlawick. L’auteur identifie deux types de changements : le changement de type 1, où l’on “change pour changer”, ce qui ne résout rien car il n’y a pas de résolution des causes actives, et le changement de type 2, qui est le “changement qui résout”.

Prenons un exemple : un mur est taché par des moisissures. Plusieurs actions peuvent être envisagées :

– soit on change la tapisserie ou la peinture, et quelques mois plus tard, il y a à nouveau des tâches. C’est un changement de type 1. On recommencera donc encore et encore.

– soit on répare la fuite d’eau décelée après avoir suffisamment investigué la (les) cause(s) des tâches, on sèche le mur, puis on change la tapisserie. Quelques mois plus tard, si le travail a été bien fait, le problème est définitivement résolu. C’est un changement de type 2 qui requiert davantage de travail sur le moment, mais qui produit un résultat durable, contrairement au changement de type 1 qui requiert moins de travail sur le moment mais qui fait que le problème devient probablement récurrent et qui est plus assimilable à une gestion d’un problème qu’on ne sait pas résoudre car on ne s’est pas donné les moyens de le résoudre.

Le changement de type 1 correspond à « tourner en rond ». A priori, les personnes sont souvent des spécialistes de cela.

Comment être sûr que les suggestions ou que le changement demandé résolve le problème ? Que fait-on quand cela ne marche pas? Que faut-il changer dans ce que l’on a fait?

Comment être sûr que le changement demandé résoudra bien le problème ? En fait, je pense qu’on ne peut être sûr de rien. On peut être capable d’aider la personne à résoudre son problème si on comprend bien pourquoi les personnes vont mal et surtout, ce qu’il est nécessaire, pour eux, de changer, en eux, pour résoudre leurs problèmes ou aller mieux. En clair, si on a une bonne compréhension et une bonne stratégie clinique, une approche stratégique, on est plutôt dans le changement type 2 qui résout. Il faut aussi accepter qu’on ne peut pas tout résoudre en une seule séance et que chaque séance est une étape nécessaire. En dehors de cela, on est dans un changement de type 1. Un recadrage de comportement (remplacer un comportement par un autre) est forcément un changement de type 1.

J’ai suffisamment reçu de fumeurs me disant qu’ils avaient fait de l’hypnose mais que cela n’avait pas tenu dans la durée pour être sûr de moi… Ceux qui venaient avec cette problématique, avaient un passé plutôt chargé, un stress et une anxiété notable. A la date où je finis cet article (fin février 2014), j’ai aussi reçu une dame qui avait arrêté grâce à l’hypnose en une séance, mais qui du coup s’est mise à compenser bien plus par la nourriture qu’avant et cette prise de poids, qu’elle n’a pas supporté, l’a entraîné vers la dépression…

Pour moi, cette compréhension a été la clé pour une meilleure efficacité.

Que faire quand cela ne marche pas ? Si on utilise une stratégie, c’est alors qu’on n’a pas assez travaillé les éléments de construction du problème, il faut finir de les déconstruire et donc commencer par les trouver. Sinon, on est dans le cadre de la méthode changement de type 1 et le thérapeute est dans une démarche de « faire des efforts », comme la personne (son inconscient aussi d’ailleurs) et on tourne en rond, c’est donc normal d’échouer…

Est-ce que tout ce qui est enseigné habituellement en formation est vrai ?

Vous aurez deviné ma réponse : pas toujours… ou alors provisoirement vrai jusqu’à ce que quelque chose de plus juste ait été trouvé. A écouter certains thérapeutes ou hypnothérapeutes, on est des fois largement dans l’irrationnel le plus total et donc tout changement est le résultat d’un effet placebo.

Qu’est ce qui fait que les personnes peuvent se changer bien plus en « état d’hypnose » qu’en état de veille ordinaire?

Cette question m’a interpellé plus que les autres, pourtant, elle paraît si simple. Répondre « parce qu’elle le peut ! » ne me semblait pas satisfaisant.

J’ai donc réfléchi, étape par étape pour essayer d’analyser ce qui se passait. Voici quelques réflexions…

En état de veille ordinaire, la conscience est tournée vers l’extérieur de soi. Quand la personne s’intériorise, « entre en état de transe », elle se concentre finalement bien plus sur elle-même, elle interagit plus alors avec elle-même. L’interaction conscient-inconscient change alors profondément : il y a bien plus de rétroaction qu’en état de veille ordinaire. C’est d’autant plus vrai que l’on se concentre sur ses matériaux de construction…

http://www.artezia.net/technologies/mit/boucle_retroaction.jpg

Qu’est-ce qu’une boucle de rétroaction ?

C’est simple : c’est l’élément vital qui permet à un système de s’auto-corriger. C’est par exemple un thermostat qui régule votre chauffage pour que la température de la maison soit à la température que vous désirez. C’est par exemple aussi dans notre fonctionnement : nous cherchons à attraper un objet, notre cerveau-inconscient va percevoir (=mesurer) en temps réel, l’écart entre l’objet à attraper et la main et mettre en place les corrections à apporter pour atteindre l’objet….

Nous fonctionnons de façon continuelle avec des boucles de rétroaction. Apprendre à écrire, par exemple, est un processus à rétroaction : on fait, on constate ses erreurs, on essaie de corriger notre apprentissage jusqu’à savoir faire facilement du premier coup.

On peut faire l’hypothèse alors qu’une des fonctions de notre conscience est de construire une boucle de rétroaction sur l’inconscient lui-même, pour que celui-ci puisse se changer. Autrement dit, on pourrait penser que l’inconscient a besoin de la conscience pour changer tout autant que la conscience a besoin de l’inconscient pour exister.

On pourrait alorsaussi dire que notre conscience n’est qu’une synthèse élaborée d’éléments de l’inconscient, par l’inconscient, pour l’inconscient, un peu comme le chef d’orchestre est nécessaire aux musiciens de l’orchestre pour pouvoir jouer harmonieusement ensemble

Il s’ensuit donc que construire cette synthèse est un effort automatique inconscient, tout le temps où nous sommes conscient (d’où l’efficacité de la suggestion de « surtout ne rien faire », qui permet alors d’être moins conscient en faisant moins d’effort. D’où aussi cette détente ressentie suite à un passage en transe : on a récupéré d’un effort fatiguant dont nous ne sommes pas conscients).

Ainsi, suivant l’état de la conscience, la capacité à se changer peut être variable. Donc en « transe », l’interaction conscient-inconscient est très différente, plus forte (mais ce ne serait plus la conscience au sens habituel du terme) et que la personne peut davantage se changer uniquement parce qu’elle est bien davantage en interaction avec ses matériaux de construction, c’est-à-dire, ce qu’elle ressent de son histoire, d’elle-même. Par contre, moins la conscience est présente, moins il y a de synthèse, moins il y a de supervision du travail sur soi-même, donc moins on utilise ses capacités…

Autrement dit, en transe profonde, la personne peut potentiellement changer très facilement, car la synthèse est bien moins présente (y compris donc ses résistances) mais comme la conscience est aux abonnées absentes, il n’y a plus personne pour demander les changements et les superviser.

Il y a donc probablement un état optimum dans lequel la personne est suffisamment peu consciente pour être capable de se changer facilement, tout en état suffisamment consciente pour utiliser ses capacités.

Pourquoi certaines personnes vont mettre peu de séances à résoudre leurs problèmes, alors que d’autres vont mettre bien plus longtemps ou ne vont pas s’en sortir ? Qu’est-ce que la résistance finalement? Doit-on la garder, s’en servir, la défaire ?

Ici, il faut faire la différence entre un problème d’apparition récente et un problème présent depuis longtemps. Je crois pouvoir avancer sans me tromper que beaucoup ont observé (et j’en fais partie) qu’il est plus facile de résoudre un problème qui commence, qu’un problème qui est présent, « ancré » depuis des années.

A bien y réfléchir, c’est comme la cigarette : si vous venez tout juste de commencer à fumer depuis quelques jours, c’est quand même bien plus facile d’arrêter que si vous fumez depuis plus de 10 ans…

Alors qu’est-ce qu’il se passe dans l’esprit de la personne, ou plutôt qu’est ce qui se construit en elle sur la période ?

Elle ressent tout simplement qu’avec le temps, cela s’est mis à faire de plus en plus partie d’elle, d’être de plus en plus ancré, que cela lui a « de plus en plus pourri la vie » (je cite), qu’elle a lutté de plus en plus contre le problème (résultat de la méthode « faire des efforts ») ce qui a nourri finalement son problème.

Et dans son présent, elle ressent tout cela fortement, y compris très souvent que cela fait partie d’elle.

Or plus elle ressent cela, plus finalement cela veut dire que cela fait partie de son identité.

Donc dans la stratégie de résolution, il faut tenir compte de cela et déconstruire tout ce qui s’est construit dans l’identité de la personne à propos du problème et de ses conséquences.

Car c’est la solution qui doit faire partie de soi plutôt que le problème…

Exemple : j’ai reçu une fois une femme pour des crises de boulimie à 18h, tous les jours. Elle allait bien, avait confiance en elle, n’était ni stressée, ni anxieuse, elle se sentait aussi heureuse. La boulimie ne lui posait de problème que dans la mesure où c’était de la nourriture gâchée (puisqu’elle vomissait ensuite). Elle ne se dévalorisait pas, ne se culpabilisait pas. Fait notable, elle disait qu’elle avait fait le ménage par rapport à tout ce qui lui pourrissait la vie. Cependant, cela faisait 30 ans qu’elle avait de la boulimie. Elle a même rajouté, « De toutes les façons, je ne comprends même pas comment on va y arriver car je n’arrive pas à m’imaginer sans cette crise quotidienne. ».

Une fois défait le lien entre la boulimie et son identité, ce fut la fin définitive des crises. Je lui avais juste proposé de gommer avec une gomme à émotions, l’impression que pendant longtemps elle avait eu de la boulimie, l’impression que pendant longtemps cela faisait partie d’elle, que pendant longtemps c’était ancré, que pendant longtemps elle n’avait pas accepté de ne réussir à contrôler cela…

Si de plus on considère que ce qui permet le changement, c’est de prendre de la distance avec ce qui s’est passé et donc moins ressentir les éléments du passé, tout ce qui s’oppose à cette diminution, est donc une résistance.

Donc en résumé, je dirais que bien des choses se construisent au niveau de l’identité de la personne qui peuvent être alors source de résistances et augmentent le nombre de séances, voire rendent sa résolution impossible si on ne les défait pas.

Par exemple :

  • La nostalgie,
  • L’impression que le passé ou les problèmes font partie de soi,
  • L’impression d’être prisonnier de soi, de son passé, de quelqu’un, de son éducation…
  • La peur d’oublier, de ne plus être soi,
  • L’injustice,
  • La difficulté à accepter quand cela ne se passe pas comme voulu qui mène à la non-acceptation de certains éléments de son vécu,
  • La rancune,
  • L’impression qu’on a toujours été comme cela et que cela continuera toujours…
  • Etc

Quant à la question « que faire de la résistance ?», je répondrais tout simplement, que c’est comme un frein à main dans une voiture qui veut avancer : faut juste trouver et actionner le bon bouton pour pouvoir avancer plus rapidement et que peut-être même que cette résistance a participé à la construction du problème…

Autrement dit, les personnes arrivent avec des problèmes qui se sont construits dans le temps, et pour les résoudre, j’ai trouvé qu’il était plus efficace de les déconstruire et dans un ordre propre à déconstruire les résistances d’abord.

Il m’a fallu du temps et des réflexions et surtout beaucoup d’observations pour trouver des réponses qui me satisfassent (et encore pas pleinement). Je ne prétends pas qu’elles soient vraies, mais elles ont du sens pour moi. Elles m’ont aidé dans ma pratique en me permettant d’avoir du recul et d’être plus efficace.

J’espère que cette lecture vous aura été utile.

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